À Tokyo, un programme de logement intergénérationnel associe 2 000 personnes âgées à des étudiants
Un programme du gouvernement de Tokyo qui fait cohabiter des personnes âgées et des étudiants a été étendu à 2 000 participants, des études montrant un net recul de la solitude et une amélioration du bien-être pour les deux groupes.
CommunautéÉquipe éditoriale GNGV4 min de lecture
Un programme du gouvernement métropolitain de Tokyo, qui met en relation des personnes âgées vivant seules avec des étudiants à la recherche d’un logement abordable, compte désormais 2 000 binômes actifs dans toute la ville, ce qui en fait l’une des plus vastes initiatives de cohabitation intergénérationnelle au monde.
Le programme, baptisé Sedai Tsunagu — « relier les générations » —, propose aux étudiants des chambres à loyer réduit chez des seniors, généralement 30 à 50 % en dessous des prix du marché. En échange, les étudiants s’engagent à consacrer chaque semaine un minimum de temps partagé, qu’il s’agisse de préparer les repas ensemble, d’aider aux nouvelles technologies ou simplement de discuter.
Une vaste étude de l’Institut de gérontologie de la métropole de Tokyo, qui a suivi les participants pendant trois ans, a montré que les participants âgés faisaient état d’une baisse de 42 % du sentiment de solitude et présentaient une diminution de 28 % des marqueurs de déclin cognitif par rapport à un groupe témoin vivant seul. Les étudiants ont quant à eux déclaré des taux d’anxiété et de dépression plus faibles, ainsi que de meilleurs résultats universitaires.
Haruki Watanabe, 82 ans, et sa colocataire étudiante Yui Tanaka, 21 ans, vivent ensemble depuis 18 mois. Ingénieur à la retraite, M. Watanabe aide Yui Tanaka en mathématiques, tandis qu’elle lui a fait découvrir les appels vidéo avec ses petits-enfants à Osaka. « Il m’arrivait de passer des jours sans parler à personne, a confié M. Watanabe. Maintenant, ma maison est de nouveau pleine de vie. »
Le succès du programme intervient alors que le Japon est confronté au vieillissement rapide de sa population et à ce que le gouvernement a qualifié de « crise de la solitude ». Près de sept millions de seniors japonais vivent seuls, et le nombre de décès survenant dans l’isolement — appelés kodokushi — ne cesse d’augmenter.
D’autres villes japonaises, dont Osaka, Kyoto et Fukuoka, lancent des programmes similaires inspirés du modèle tokyoïte, et des délégations de Corée du Sud, d’Allemagne et d’Italie sont venues étudier l’approche afin de l’adapter à leurs propres sociétés vieillissantes.